22.09.2016

Particulièrement investi sur la thématique des risques en entreprise, l’Institut Viavoice a réalisé différentes études sur le sujet faisant apparaitre un besoin de sensibilisation et d’appui assez constants auprès des chefs d’entreprise et des acteurs de la prévention des risques. Le baromètre santé et sécurité au travail réalisée en 2014 pour l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) auprès des dirigeants de PME et TPE a ainsi montré un net recul depuis 2010 du niveau de préoccupation sur le sujet. A titre d’exemple, au sein des TPE, ils étaient 35 % à déclarer que leur activité ne présentait pas de risques pour les salariés et que l’intérêt du Document Unique d’évaluation était modéré voire inexistant.

Pour autant, les résultats de cette enquête avaient fait apparaitre que durant cette même période, les chefs d’entreprises avaient été plus nombreux à mettre en œuvre des mesures de prévention (mise en place de moyens de protection individuel et collectif des salariés, actions de formations…)

Comment expliquer alors qu’un désintérêt envers la thématique ne soit pas forcément accompagné d’un essoufflement des actions ? Et quelles peuvent être les intentions et les motivations à la mise en place de ce supplément d’actions de prévention ?

C’est avec l’OPPBTP que Viavoice a pu travailler sur cette problématique et mener un travail exploratoire auprès des dirigeants d’entreprise.

Au travers de plusieurs études, et notamment celle sur la place du Document Unique dans les entreprises du BTP, notre équipe a pu mettre en lumière une déconnexion entre l’obligation réglementaire et la mise en place d’actions de prévention formalisées.

En effet, si 82 % des entreprises interrogées ont indiqué avoir réalisée un Document Unique au cours de cette enquête, celui-ci semble peu suivi d’effet. Les répondants étaient seulement 54 % avoir initié un plan d’action à la suite de sa rédaction.

Par ailleurs, l’obligation légale était ainsi le premier facteur incitatif cité (84 %) pour sa réalisation, bien loin devant la volonté d’améliorer les conditions de travail et de diminuer les accidents (22 %).

L’enseignement majeur est alors que la mise en place d’actions de prévention au sein d’une entreprise peut avoir pour simple motivation la réponse à une obligation légale. Si le constat parait logique, il fait apparaitre un risque majeur pour le sujet de la prévention des risques : celui d’une logique défensive des chefs d’entreprises, qui auraient à cœur de respecter le cadre législatif en mettant en œuvre des actions de prévention sans les entourer d’accompagnements et de sensibilisation des salariés.  

Amandine Messina, Directrice d'études

Voir le communiqué de presse INRS sur l'étude Viavoice auprès des TPE et PME

Voir le communiqué de presse OPPBTP sur l'étude Viavoice D.U.