19.12.16

 HuffingtonPostLes Français : peuple heureux, peuple anxieux... C’est dans ce contexte particulier et à l’aube d’une élection présidentielle pleine de questions pour la démocratie française que l’institut Viavoice, en partenariat avec le Huffington Post, a souhaité réaliser un « indice sociétal » agrégeant un ensemble d’indicateurs non-économiques mais liés aux sentiments des Français sur la société (démocratie, cohésion nationale, relations entre les gens, sécurité, santé, environnement) et sur leur propre situation personnelle : confiance en l’avenir, bien-être, sentiment d’intégration et sentiment de pouvoir contribuer à changer la société, satisfaction de vivre en France ou dans son quartier… L’ensemble de ces indicateurs collectifs et personnels devant permettre de donner une cartographie de l’état de la société complémentaire des analyses économiques et des statistiques sociales.

Cette première édition positionne l’indice global à un niveau moyen : 44,7

Au-delà de cet indicateur global, pourtant, il est intéressant de s’arrêter sur les indicateurs détaillés. Ces derniers marquent en effet un point de clivage projectif : alors que les Français ne font pas un si mauvais bilan de leur situation actuelle, ils s’inquiètent très largement sur leur avenir.

Ainsi, sur l’état des lieux, les Français jugent majoritairement (56%) leur bien-être satisfaisant. 78% s’estiment chanceux de vivre en France et 75% se sentent bien intégrés dans la société. Sans dire qu’il s’agit de bons résultats pour un pays tel que la France, le fait que la majorité aille vers des éléments positifs est un indicateur notable.

Pour autant, les perceptions se détériorent très sérieusement dès lors qu’il s’agit de se projeter : 68% des Français sont inquiets pour leur situation personnelle dans les années à venir et de fortes majorités estiment que l’accès et à des soins de qualité se détériore (75%), ainsi que la sécurité des biens et des personnes (81%).

Encore plus inquiétant, le sentiment d’impuissance domine. Seuls 32% des Français estiment pouvoir contribuer à changer ce qui ne va pas, ce qui relativise la vitalité démocratique (ou plus précisément la perception de cette vitalité) et l’importance accordée à l’élection présidentielle.

Cet indice éclaire ainsi sur l’impérieuse nécessité de proposer de véritables projets de société et pas simplement une série de mesures défensives uniquement destinées à colmater les brèches. Si aucun projet ne suscite l’espoir, comment transcender les difficultés actuelles et y voir autre chose qu’un déclin ?

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