HEC Figaro FranceInter
04/05/2015
 

Le « moral des cadres » accède-t-il aujourd’hui à une nouvelle séquence de son histoire ? Il y a quatre ans, au cœur de l’été 2011, lors de la crise des dettes souveraines en Europe, l’indice synthétique du « moral des cadres » s’était effondré pour s’établir durablement dans une fourchette comprise entre  « -56 » et « -35 ». Depuis, pendant près de quatre années, l’indice a oscillé entre ces deux bornes (graphique page 6). Aujourd’hui, pour la première fois depuis l’été 2011, l’indice synthétique transgresse significativement ce périmètre, pour s’établir à -30. Dès lors, quelles sont les composantes de cette amélioration, ainsi que ses ressorts ?

Le « moral des cadres » accède-t-il aujourd’hui à une nouvelle séquence de son histoire ? Il y a quatre ans, au cœur de l’été 2011, lors de la crise des dettes souveraines en Europe, l’indice synthétique du « moral des cadres » s’était effondré pour s’établir durablement dans une fourchette comprise entre  « -56 » et « -35 ». Depuis, pendant près de quatre années, l’indice a oscillé entre ces deux bornes (graphique page 6).

Aujourd’hui, pour la première fois depuis l’été 2011, l’indice synthétique transgresse significativement ce périmètre, pour s’établir à -30.

Dès lors, quelles sont les composantes de cette amélioration, ainsi que ses ressorts ?

Un moral des cadres qui accède à un nouveau palier : une progression émanant de l’ensemble de ses composantes

La nette progression de l’indice synthétique enregistrée aujourd’hui tient au fait qu’elle émane de l’ensemble des composantes du « moral des cadres », que celles-ci soient macro-économiques ou micro-économiques :

  • Concernant le « niveau de vie » en France : 38 % des cadres anticipent une dégradation, soit une baisse de 7 points par rapport au mois dernier, et de 27 points par rapport au maximum enregistré au cours des douze derniers mois ;
  • Concernant la situation de « l’emploi en France » : 58 % anticipent une augmentation du nombre de chômeurs, en baisse également (respectivement -5 et -17) ;
  • Concernant la situation financière personnelle des cadres interrogés : 31 % anticipent une dégradation (-7 et -12) ;
  • Concernant les « opportunités de carrière » : 78 % estiment qu’elles sont « faibles » (-1 et -7).

Cette conjonction de facteurs à la fois macro-économiques et micro-économiques est de bon augure en faveur de la progression du moral des cadres, même si bien évidemment elle n’interdit aucune régression au cours des mois qui viennent.

Les trois raisons d’une amélioration

Pour comprendre cette amélioration actuelle, c’est au trend engagé au début de cette année 2015 auquel il faut faire référence. Celui-ci est porté par trois facteurs :

  • L’amélioration de la conjoncture internationale : baisse du prix du pétrole et du cours de l’euro, croissances américaine, anglaise et allemande ;
  • Les politiques publiques mises en œuvre : entrée en vigueur du Pacte de responsabilité au 1er janvier, loi Macron appréciée par les cadres (enquêtes précédentes) ;
  • L’effet indirect du 11 janvier, qui a vu une partie de la planète faire l’éloge des valeurs de la France, et est contrevenu à ce titre à la tendance française à l’autodénigrement.

En revanche, le nouveau projet gouvernemental en faveur de l’investissement n’est pas jugé suffisamment impactant : 70 % des cadres estiment que les mesures prévues par Manuel Valls « sont surtout symboliques et n’amélioreront pas beaucoup l’investissement en France ».

Fractures : rapidité des régressions et des reconquêtes

Depuis la création du « Baro éco » début 2004, plusieurs grandes fractures sont survenues, qu’il s’agisse de régressions brutales (juin-septembre 2011, de -25 à -55) ou de fortes progression (janvier-mai 2015, de -50 à -30).

Ces brusques variations qui font évoluer le « moral des cadres » d’un périmètre à un autre, sont dues à :

  • Une perte de confiance : en 2011, la timide reprise, hypothèse d’une « sortie de crise » enclenchée à l’automne 2008, a été brutalement douchée par la crise des dettes souveraines ;
  • Un regain de confiance : en 2015, un effet de levier est provoqué par la convergence de plusieurs facteurs majeurs.

Ces fractures s’inscrivent dans des univers propices : confiance incertaine parce que convalescente (2011) ou au contraire défiance éprouvée parce qu’ancienne (2015).

L’amélioration actuelle est encore fragile. Pour les mois qui viennent, elle tolèrerait mal un facteur de déstabilisation.

François Miquet-Marty

Télécharger en pdf les résultats du Baromètre moral des cadres - mai 2015