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03/10/2013
 
Une large majorité de dirigeants d’entreprise (60 %) privilégient une baisse des cotisations sociales dans le cadre d’un assouplissement de la fiscalité des entreprises, loin devant tout autre impôt. Cette attente est essentielle une semaine après l’annonce par le président de la République du lancement d’Assises de la fiscalité.

La baisse des cotisations, un temps envisagée suite à la remise du rapport Gallois fin 2012, n’avait finalement pas été retenue dans le cadre du Pacte de compétitivité. Remplacée par un crédit d’impôt (CICE) de 20 milliards d’euros, permettant alors d'augmenter les marges plutôt que de baisser les charges pesant sur les salaires, cette mesure est donc aujourd’hui souhaitée par des dirigeants en attente de mesures permettant non seulement d’alléger les dépenses, mais également de soutenir l’emploi et l’activité.

Fiscalité : les dirigeants privilégient la baisse du coût du travail et l’amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs

Quelles baisses d’impôt souhaiteraient en priorité les dirigeants d’entreprise ?

En plein cycle de négociation sur ces questions, gouvernement et organisations patronales tablent sur plusieurs options pour améliorer la compétitivité de l’économie française et relancer l’emploi, après une première série de mesures contenues dans le Pacte de compétitivité (entré en vigueur en début d’année).

Dans ce contexte, deux registres de priorité ressortent des attentes des dirigeants :

  • En premier lieu est privilégiée une baisse des cotisations, par 60 % des dirigeants interrogés : une mesure destinée à diminuer le coût du travail et les charges, mais également à relancer l’emploi. Cette attente apparaît largement en tête, loin devant l’impôt sur les sociétés (37 %), cité en deuxième position.
  • En second lieu, les dirigeants attendent une baisse de la fiscalité des ménages, permettant de relancer la consommation : pour 34 % d’entre eux, il serait prioritaire de diminuer l’impôt sur le revenu, contre 30 % pour la CSG et 29 % pour la TVA (cette dernière touchant également les entreprises).

En revanche, d’autres pistes avancées par des responsables patronaux ne nourrissent pas de préoccupations majeures : l’Impôt sur la fortune, qui a fait l’objet de débats lors de la dernière Université d’été du Medef n’est considéré comme une priorité que par 7 % des dirigeants interrogés, tandis que la fiscalité sur les dividendes n’est citée que par 10 % d’entre eux. Outre les enjeux strictement financiers, il est vrai que ces prélèvements sont considérés comme moins performatifs en termes d’impacts sur l’activité.

Premières érosions de la défiance économique

Plus globalement les dirigeants d’entreprise apparaissent aujourd’hui moins inquiets pour la conjoncture, évolution qui rompt avec dix-huit mois de scepticisme massif et stable :

  • Le taux de confiance pour « l’avenir de l’économie française » progresse de 10 points par rapport aux données enregistrées en juin (et s’établit à son plus haut niveau depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la République) ;
  • La proportion de dirigeants « confiants » pour la croissance économique progresse de 11 points à 23 %.

Au sein des entreprises considérées, la situation s’améliore également : 58 % des dirigeants se déclarent « confiants » pour le chiffre d’affaire de l’année (+4), et 52 % pour leur résultat net (+5).

Ces évolutions constituent un faisceau significatif, même si bien évidemment elles n’affranchissent pas d’un pessimisme largement majoritaire. Elles s’expliquent notamment par l’amélioration d’une série d’indicateurs macro-économiques : croissance trimestrielle du deuxième trimestre, emploi en août, activité industrielle, moral des ménages.

En revanche, et de manière paradoxale en apparence, ces variations positives ne s’accompagnent pas d’un regain de motivation, au contraire : la proportion de dirigeants jugeant leurs salariés « motivés » est en baisse de 4 points par rapport à juin (à 60 %), et de 14 points par rapport à février 2012.

Cette démotivation perçue et importante est le fruit d’inquiétudes persistantes en matière d’emploi (seuls 13 % des dirigeants d’entreprise se déclarent confiants sur ce point). Elle émane par ailleurs en priorité de certains secteurs d’activité (commerce) et de régions moins dynamiques économiquement.

Surtout, elle procède d’un manque criant de reconnaissance de la « valeur métier » (savoir-faire, expérience, implication, fierté), distincte de reconnaissance souvent financière de la « valeur travail ».

Ce sentiment de démotivation croissante illustre donc non seulement la part de difficultés rémanentes du pays, mais encore une économie à plusieurs vitesses et surtout des réalités humaines internes aux entreprises. Or seul un nouvel élan de motivation permettrait d’envisager une reprise économique forte et durable. C’est un enjeu d’avenir majeur, tant pour l’économie française que pour les entreprises concernées.

Télécharger en pdf le Baromètre Viavoice des dirigeants d'entreprise - octobre 2013