HEC Figaro FranceInter
06/10/2014
 
Quel est le nouvel état d’esprit des cadres en France en cette rentrée 2014 ? La nomination du gouvernement « Valls II », l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy ont-elles pu exercer un effet positif ? Ou les éléments de conjoncture économique, peu encourageants, ont-ils pris le pas et nourri les anticipations négatives ?

Les réponses recueillies lors de cette vague du baromètre mensuel réalisé par Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter sont sans ambages : le « moral des cadres » chute fortement, et les anticipations macroéconomiques atteignent des recors d’inquiétude.

L’idée d’une reprise de la croissance en France n’est cependant pas écartée, mais n’est pas envisagée avant au moins trois ans (2017) par la majorité des cadres.

Chute du moral des cadres, inquiétudes macroéconomiques records

Le moral des cadres chute fortement en cette rentrée : établi sur l’indice -52, il perd 6 points par rapport aux données enregistrées en juin, et 14 points par rapport aux données recueillies en mai.

Cette chute repose sur une forte dégradation des anticipations macroéconomiques pour la France, atteignant des records historiques :

  • 65 % des cadres estiment que le « niveau de vie » en France « se dégradera » d’ici un an (+11 points par rapport à juin) ; ce niveau singulièrement élevé est un record sur l’année 2014, et n’avait pas été connu depuis juin 2013 (71 %) ;
  • 76 % estiment que « le nombre de chômeurs » « augmentera » d’ici un an (+ 9 points par rapport à juin, +21 points par rapport à mai). Là encore, ce niveau est un record sur l’année, et est sans égal depuis juin 2013 (84 %). Ces données ont été recueillies avant l’annonce (le 24 septembre) d’une légère baisse du chômage en août.

Ces très mauvais résultats s’expliquent notamment par les dégradations de la conjoncture économique (note Insee du 23 septembre) :

  • Évolution nulle du PIB au cours du premier semestre ; en août, le ministre des Finances Michel Sapin avait entériné l’idée selon laquelle la croissance se situerait autour de 0,4 % cette année (1 % en 2015).
  • Perspective de déficit annuel à 4,4 % sur l’année 2014, contre 4,1 % prévu en début d’année (pour un engagement européen à 3,8 %) ;
  • Contraction de la hausse du pouvoir d’achat des ménages, et des marges des entreprises.

Perspectives positives à long terme et rôle des PME

L’optimisme des cadres existe mais se situe… à plus long terme :   28 % estiment que la croissance « reviendra d’ici trois ou quatre ans », et 37 % « à plus long terme ». Au total, ce sont ainsi près des deux tiers des cadres (65 %) qui pensent que la croissance ne reviendra pas avant 2017… Seuls 18 % considèrent que la croissance reviendra « d’ici un an ou deux » et 13 % qu’elle ne « reviendra jamais ».

Parmi les acteurs de ce redressement :

  • Les PME figurent en tête (45 %) ;
  • Elles font pratiquement jeu égal avec la « conjoncture internationale » (43 %), laquelle devance nettement « les grandes entreprises établies en France » (26 %).
  • Ensuite seulement sont cités « le président de la République et le gouvernement » (19 %) ainsi que « l’Union européenne » (17 %).

Ces résultats consacrent le rôle prépondérant accordé aux acteurs économiques, et le discrédit frappant reconnu aux acteurs politiques. Désormais les PME sont investies d’un rôle majeur, ce qui plaide pour l’établissement d’un contexte qui leur soit favorable, que ce soit en termes d’investissement, d’innovation, de compétitivité ou règles sociales.
Pour que revienne la croissance, c’est bien, aux yeux des cadres, le « soldat PME » qu’il importe désormais de soutenir ou de sauver.

François Miquet-Marty

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - Octobre 2014