HEC Figaro FranceInter
07/07/2014

Chute du moral des cadres et prévisions de croissance en berne. L’indice synthétique du moral des cadres chute largement en cette fin de premier trimestre (-8 points), en s’établissant à -46. Une baisse significative de la perte de confiance, de la part des décideurs économiques, à l’égard d’une conjoncture moins bonne que prévue, et insuffisante pour envisager un solide retour d’activité : ainsi l’Insee table cette année pour une croissance de 0,7 %, loin des 1 % prévus par le gouvernement.

 

Dès lors, que ce soit en matière de niveau de vie général, de situation financière personnelle ou de motivation, les indicateurs repassent au rouge avant l’été, alors même qu’ils s’étaient améliorés le mois dernier, et en tendance depuis le début de l’année :

  • Ainsi 54 % des cadres anticipent une baisse du niveau de vie général en France d’ici un an, en hausse de 3 points, contre seulement 12 % qui s’attendent à une amélioration (-3) ;
  • En matière de perspectives personnelles, les cadres sont également 42 % (+6) à penser que leur propre situation financière « va se dégrader », contre 12 % (-4) « s’améliorer » ;
  • Enfin, au sein de leur entreprise, 34 % d’entre eux jugent leurs collaborateurs « motivés », en baisse de 4 points.

Mais c’est surtout la situation de l’emploi qui inquiète les cadres actuellement : ces derniers ne sont en effet plus que 10 % (-5) à anticiper une baisse du nombre de chômeurs dans les mois à venir, contre 67 % qui appréhendent plutôt une augmentation du chômage.

Un niveau d’inquiétude très élevé, donc, et en forte hausse (+12 points), qui semble par ailleurs appuyer les prévisions de l’Insee (22 000 suppressions de postes dans le secteur privé en 2014, compensés en partie par des emplois aidés dans le secteur public).

La courbe du chômage, qui ne s’était déjà pas inversée fin 2013, devrait donc attendre 2015, selon toute probabilité, avant d’entamer éventuellement une décrue. Un délai qui compliquera sans doute la situation des finances publiques, mais également la reconquête d’une confiance significative et d’une forte motivation au sein des entreprises en France.

Dirigeants de grandes entreprises : popularité des « combattants contre la vie chère »

Dans ce contexte économique toujours difficile, les dirigeants d’entreprise mobilisés en faveur du pouvoir d’achat sont les plus populaires auprès des cadres :

  • Xavier Niel bénéficie d’une popularité établie à 54 %, contre seulement 17 % d’opinions négatives ;
  • Michel-Édouard Leclerc d’une popularité également située à 54 %, contre 25 %.

En troisième place apparaît Guillaume Pepy, lui-même médiatiquement impliqué et visible près de la vie des voyageurs. En revanche le président de la SNCF subit des défections d’image : établis à 36 %, les jugements positifs le concernant connaissent une baisse de 9 points par rapport à l’année dernière, et les jugements négatifs, à 42 %, sont en progression de 14 points.

Ces évolutions fortes s’inscrivent dans le double contexte :

  • De « l’affaire » des « TER trop larges » ;
  • Du récent conflit social, paralysant une large partie des lignes TGV pendant près de neuf jours.

Certes, la SNCF et son président ont pu apparaître comme les « vainqueurs » de ce conflit, non seulement en raison de son issue mais également à la faveur de l’implication de la SNCF auprès des voyageurs en difficultés (et particulièrement des lycéens convoqués aux épreuves du baccalauréat). Mais la succession des deux événements (TER et conflit social) n’en aura pas moins terni l’image du président de l’établissement public, même si Guillaume Pepy conserve la troisième place des dirigeants d’entreprises les plus appréciés.

François Miquet-Marty

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