HEC Figaro FranceInter
07/04/2014
 
Le moral des cadres progresse fortement et retrouve son niveau de décembre 2012, une hausse qui apparaît importante à plusieurs titres : Cette fois-ci, est-elle solide ? Maintes fois annoncée et maintes fois repoussée, la reprise économique semble se profiler à travers une série d’indicateurs positifs en cette fin de premier trimestre, parmi lesquels le retour confirmé de la croissance au sein de la zone euro ou la progression d’indices évaluant le niveau de l’activité privée en France (indice PMI), qui a progressé en mars pour atteindre un niveau inégalé depuis près de trois ans.
 

Dans ce contexte positif pour les entreprises, les cadres ne s’y trompent pas et font part d’un optimisme nouveau : notre indice synthétique du moral des cadres gagne ainsi 10 points en un mois, s’établissant à -38. Un niveau à nette valeur symbolique puisqu’il correspond au meilleur score enregistré depuis la crise de la dette de l’été 2011, qui avait précipité les bourses européennes dans une nouvelle chute après la crise financière de 2008.

Reste à savoir quels impacts politiques et sociaux pourront avoir ces perspectives de redressement dans les mois à venir. Si l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, a affirmé que « le meilleur antidote contre le Front national est la croissance », les résultats politiques récents montrent que l’amélioration des indicateurs macro-économiques, de plus en plus perceptibles ces derniers mois, apparaissent comme des signaux encore trop faibles pour être perçus par la grande majorité des Français, a fortiori bien évidemment après l’annonce récente de mauvais chiffres de l’emploi (+31 500 demandeurs d’emploi en février).

Des cadres plus optimistes sur la situation économique de la France, en dépit d’une situation de l’emploi toujours préoccupante

Les indicateurs macro-économiques s’améliorent de manière sensible depuis le mois dernier, en dépit de niveaux d’inquiétude toujours préoccupants :

  • Les cadres sont moins nombreux à anticiper une dégradation du niveau de vie en France (52 %, -4), et plus nombreux à envisager une amélioration (16 %, +4) ;
  • De la même manière, ils sont moins nombreux (63 %, -4) à anticiper une hausse du chômage dans les prochains mois. 11 % des cadres (+3) s’attendent à une baisse du nombre de chômeur, un chiffre en hausse mais toujours à un niveau très bas, symptomatique du fait que les cadres ne croient pas, à l’heure actuelle, que le redressement escompté de l’activité suffira à l’inversion tant attendue de la courbe du chômage, du moins sur le court terme.

La reprise de l’activité s’accompagne d’une forte hausse du moral des collaborateurs dans les entreprises

Au delà de l’amélioration des perspectives macro-économiques, c’est surtout la situation et le moral des collaborateurs dans les entreprises qui enregistre un retournement de tendance majeur, avec une hausse de la motivation très forte en un mois : les cadres sont ainsi 40 % à trouver leurs collaborateurs « motivés », un chiffre en hausse de 10 points et qui retrouve son plus haut niveau depuis un an.

Les cadres sont par ailleurs 16 % à anticiper une amélioration de leur situation financière personnelle, en hausse de 3 points, contre 35 % qui s’attendent plutôt à une dégradation de leurs finances (en baisse de 7 points toutefois).

Les priorités pour la France : compétitivité des entreprises, mais aussi enseignement et formation

Dans ce contexte, quelles priorités fixent les cadres pour l’avenir ? Quelles réformes d’ampleur leurs paraissent les plus efficaces à moyen et long terme pour redresser l’économie française durablement ?

Notre sondage fait apparaître deux enjeux majeurs pour l’avenir : l’amélioration de la compétitivité des entreprises, citée par 32 % d’entre eux, mais aussi une réorientation de l’école pour y apprendre les métiers d’avenir (31 %).

Des souhaits qui font certes écho au Pacte de responsabilité engagé par le gouvernement et ses engagements de 30 milliards de baisses de charge pour les entreprises, mais qui rappelle également les autres volets de la compétitivité que sont la réorientation de l’appareil productif et la formation des jeunes, sur lequel les mesures prises jusqu’ici peuvent encore apparaître bien timides face aux enjeux en cours, mais aussi par rapport à ce qui est fait chez nos partenaires européens, notamment en Allemagne.

François Miquet-Marty

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - avril 2014