HEC Figaro FranceInter
03/02/2014
 
Le « Pacte de responsabilité », prévoyant une baisse significative des charges des entreprises (30 milliards) en contrepartie d’engagements portant principalement sur l’emploi est très majoritairement apprécié par les cadres français, favorables à une telle réforme pour 68 % d’entre eux. Toutefois, les cadres n’en demeurent pas moins inquiets concernant la conjoncture à venir et l’état d’esprit ambiant au sein des entreprises. Reste à savoir si le timide retour d’activité prévu au cours des mois et années à venir (0,9 % pour le FMI en 2014, avant 1,5 % en 2015) sera suffisant pour provoquer un « choc de confiance » salutaire.

Près de 7 cadres sur 10 favorables au « Pacte de responsabilité »

Si les contours de cette future réforme n’ont pas encore été bien délimités en raison des négociations à venir entre partenaires sociaux et gouvernement, les cadres en France s’associent aux représentants des dirigeants d’entreprise (Medef, CGPME) et à certains membres de l’opposition pour saluer la prise de position de François Hollande en faveur d’une nouvelle politique de l’offre.

Ainsi 68 % des cadres se déclarent favorables à une telle mesure, contre seulement 20 % qui y sont opposés.

Dans le détail, ce sont d’ailleurs les cadres de PME qui se révèlent les plus favorables (80 % au sein des entreprises de moins de 50 salariés), ainsi que les cadres de l’industrie (pour 76 % d’entre eux), pour qui ces mesures soutenant la compétitivité de leur entreprise semblent d’autant plus cruciales dans cette période toujours difficile.

L’absence de « choc de confiance »

En termes macro-économiques, les cadres expriment des inquiétudes toujours majeures, même si elles suivent une tendance à la baisse sur ces derniers mois :

  • Les cadres sont 58 % à envisager une hausse du chômage au cours des mois qui viennent, en hausse de 5 points en un mois après une forte amélioration des perspectives au deuxième semestre 2013 (en juin dernier, ils étaient encore 84 % à anticiper une hausse du nombre de chômeurs) ;
  • Par ailleurs, 49 % des cadres estiment que le niveau de vie général en France continuera de se dégrader, même si ce taux a fortement baissé depuis juin dernier (où il culminait alors à 71 %, soit une baisse de 22 points en un peu plus d’un semestre).

Au sein des entreprises, opportunités professionnelles et motivation toujours faibles

Au-delà des engagements politiques et des données de conjoncture, la mobilisation des entreprises devrait également être cruciale pour conquérir de nouveaux points de croissance dans les mois et les années à venir.

Or, sur ce registre, la situation apparaît encore relativement difficile aux yeux des cadres : 85 % d’entre eux considèrent toujours que leurs opportunités de carrière seront « faibles » dans les mois à venir (+2), contre seulement 12 % qui pensent le contraire (-1). Une situation relativement stable sur les 12 derniers mois, symptomatique d’un marché du travail peu dynamique pour les managers.

Mais surtout, 65 % d’entre eux jugent leurs collaborateurs « peu motivés », en hausse de deux points en un mois et de 9 points depuis le début de l’année dernière. À l’inverse, ils ne sont que 32 % à trouver leurs collaborateurs « motivés », soit un niveau au plus bas depuis ses 12 derniers mois.

Une situation qui apparaît donc pour le moins compromettante, et qui pourrait peser sur la conjoncture à venir. Car si la reprise ne pourra se réaliser sans retour de l’investissement et de l’emploi, la mobilisation de tous les acteurs économiques (partenaires sociaux, dirigeants d’entreprises, cadres, salariés…) sera également nécessaire pour porter ce nouvel élan.

En dépit du bon accueil qu’il reçoit, le « Pacte de responsabilité » n’engendre donc pas de « choc de confiance » dans l’état d’esprit des cadres. Reste à savoir si la mise en œuvre de ce dispositif permettra de dissiper les préventions économiques françaises.

François Miquet-Marty

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