HEC Figaro FranceInter
07/10/2013

Une reprise économique réelle mais encore trop timide et peu significative pour les cadres. 

 

3 Le moral des cadres progresse fortement et retrouve son niveau de décembre 2012, une hausse qui apparaît importante à plusieurs titres :

  • De par son ampleur (+10 points), d’autant plus significative qu’elle intervient après plusieurs mois de baisse consécutifs ;
  • Car elle s’ajoute à une succession d’indicateurs économiques qui montrent à la fois une reprise de l’activité et une amélioration des perspectives des acteurs économiques (croissance trimestrielle, emploi, activité, moral des ménages, etc.)
  • Car elle laisse entrevoir, « enfin », une sortie de crise, certes timide, mais déjà perceptible en France comme dans le reste de la zone euro.

Pour autant, les cadres interrogés mettent en garde contre tout optimisme démesuré : certes leurs perceptions sont moins négatives mais des fragilités subsistent au sein des entreprises, et les effets de la crise pourraient se prolonger encore longtemps. Ainsi seule une minorité d’entre eux envisage une véritable relance de la croissance à court terme.

Forte amélioration des perspectives d’emploi et de niveau de vie

L’ensemble des indicateurs macroéconomiques s’améliorent en cette rentrée 2013 :

  • En matière d’emploi d’abord, si les anticipations demeurent plutôt négatives, elles s’améliorent largement depuis juillet dernier : 65 % des cadres qui s’attendent désormais à une augmentation du nombre de chômeurs dans les mois à venir, en baisse de 19 points.
  • En matière de niveau de vie également : 59 % des cadres s’attendent toujours à une dégradation du niveau de vie en France, mais ce chiffre enregistre une baisse de 12 points. Par ailleurs, cette amélioration du climat économique devrait avoir des répercussions directes sur les opportunités professionnelles des cadres pour les mois à venir : 17 % d’entre eux pensent que ces dernières pourraient être importantes, en hausse de 4 points.

Malgré des signaux économiques positifs, la motivation demeure faible dans les entreprises

Si elle crée de meilleures opportunités professionnelles, la « reprise » actuelle ne permet pas pour autant une amélioration de la motivation, qui continue de se dégrader depuis le début de l’année.

Avec seulement 32 % des cadres qui trouvent leurs collaborateurs « motivés » (-2 depuis juillet), cet indicateur a en effet connu une baisse de 9 points depuis février. 

Enfin, les perspectives financières des cadres sont toujours jugées décevantes : confrontés aux annonces de hausses d’impôt de ces derniers mois, ceux-ci sont en effet 46 % (-2) à penser que leur situation financière va se dégrader dans les mois à venir, contre 12 % (+2) seulement qui pensent qu’elle s’améliorera.

Une minorité de cadres envisage une reprise réelle à court terme

Malgré leur amélioration, les perspectives économiques restent donc majoritairement pessimistes :

  • Ainsi seuls 30 % des cadres s’attendent à un vrai rebond de la croissance dans les mois à venir, contre 67 % d’un avis contraire ;
  • Par ailleurs 28 % envisagent une reprise de l’activité des entreprises, alors que 70 % ne l’envisagent pas encore ;
  • Enfin, les perspectives d’amélioration réelle à court terme sont encore plus faibles en matière d’inversion de la courbe du chômage (18 % y croient, 79 % n’y croient pas) ou de retour de la consommation des ménages (17 % contre 81 %). L’opinion des cadres sonne comme un avertissement pour les décideurs économiques et politiques : si début de reprise il y a, cette dernière est encore trop faible pour entraîner un cercle vertueux de reprise de l’activité (hausse de la consommation, reprise de l’activité puis reprise de l’emploi) : l’austérité dans la zone euro est toujours une réalité, la dette publique continue d’augmenter en même temps que le chômage, et les entreprises sont encore trop fragilisées pour porter l’économie française. Au-delà des signaux positifs permettant un retour de confiance indispensable au sein des entreprises et des ménages, l’heure est donc davantage à la poursuite des efforts qu’au soulagement. 

François Miquet-Marty

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