HEC Figaro FranceInter
 
01/07/2013

Après une amélioration significative le mois dernier, l’indice synthétique du moral des cadres plonge à nouveau fortement aujourd’hui. A -56 et en baisse de 6 points, l’indice atteint ainsi son plus bas niveau depuis novembre 2011. Face aux difficultés de l’économie française, les cadres envisagent plusieurs pistes pour relancer l’activité : amélioration de la compétitivité, investissements, innovation… Mais au-delà de ces enjeux fortement médiatisés prévaut surtout un enjeu qui l’est beaucoup moins : la simplification administrative, citée par 33 % des cadres comme une priorité pour l’avenir.

Forte chute du moral des cadres sur fond d’accentuation des inquiétudes macro-économiques et personnelles

L’ensemble des indicateurs observe une baisse en cette fin de premier semestre, consacrant une érosion significative de la confiance des cadres français :

• 71 % d’entre eux s’attendent ainsi à une baisse du niveau de vie en France d’ici un an, en hausse de 5 points en un mois ; à l’inverse seuls 9 % des cadres pensent que le niveau de vie s’améliorera (-1) ;

• 84 % d’entre eux pensent par ailleurs que le chômage augmentera au cours des mois qui viennent (+3). Sur le plan personnel, les perspectives ne sont par ailleurs pas meilleures :

• Près d’un cadre sur deux (48 %) anticipe une dégradation de sa situation financière personnelle, contre seulement 10 % une amélioration ;

• Et 85 % des cadres qui s’attendent à des perspectives professionnelles « faibles » au cours des mois qui viennent, score en hausse de 3 points : des données qui font d’ailleurs écho aux récents chiffres de l’Apec sur l’emploi des cadres (-10 % sur un mois, -1 % par rapport à la même période de 2012).

Enfin, cette morosité concernant les perspectives économiques explique un déclin important de la motivation avec 63 % des cadres qui trouvent leurs collaborateurs peu motivés, en hausse de 4 points en un mois mais de 9 points depuis février dernier.

Les enjeux de demain : simplification administrative, compétitivité et travail

De quoi l’économie française a-t-elle besoin en priorité, pour les années à venir ?

À cette question essentielle dans le contexte de morosité actuel (et de croissance nulle anticipée sur l’année), les cadres français avancent les mêmes leviers que la plupart des experts et des acteurs économiques et politiques, Élysée et gouvernement compris : compétitivité (32 % de citations), travail (28 %), investissements (25 %, innovation (24 %) et bien entendu la confiance générale (21 %), essentielle pour dépasser les dimensions psychologiques de la crise actuelle.

Par ailleurs, d’autres pistes pourtant avancées pour relancer la croissance ne semblent pas faire partie des priorités des cadres : ainsi la flexibilité, qui plafonne à 12 % de citations, ou encore la formation (9 %), alors même qu’une réforme d’envergure sur ce sujet devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.

Surtout, en tête des attentes des cadres domine une idée majeure : la simplification administrative, renvoyant à de multiples pistes essentielles pour l’avenir : simplification de la réglementation, notamment pour les entreprises, rationalisation des services administratifs de l’État et des collectivités locales, etc.

Si certaines solutions sont aujourd’hui à l’étude au sein du gouvernement après l’appel du Président à un « choc de simplification » administrative – notamment le principe selon lequel «  le silence de l’administration vaudra désormais autorisation et non plus rejet » – , les cadres appellent donc aujourd’hui à de nouveaux efforts sur cet enjeu.

François Miquet-Marty

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - juillet 2013