HEC Figaro FranceInter
 
03/12/2012
 
Le moral des cadres français remonte significativement en cette fin d’année, à la suite de l’annonce du plan gouvernemental pour la compétitivité des entreprises (inspiré du rapport Gallois) et la surprise du retour de la croissance au troisième trimestre (+0,2 %)
 

 Des ressorts de confiance bienvenus dans le contexte actuel, même si la situation de l’emploi en France ne devrait toujours pas s’améliorer à moyen terme, selon les cadres

Le Plan Ayrault jugé positivement sur la compétitivité, moins sur la croissance, les exportations ou l’emploi

Le « Pacte pour la croissance, la compétitivité et l'emploi » comprenant notamment des aides aux entreprises compensées par une hausse de la TVA et la baisse des dépenses publiques convainc davantage sur la compétitivité que sur la croissance ou l’emploi :

  • Une majorité relative des cadres (41 % contre 38 %) pensent que les réformes annoncées sont susceptibles d’améliorer « la compétitivité des grandes entreprises françaises ». Une opinion notamment partagée par 46 % des cadres d’entreprises de plus de 500 salariés et 51 % des cadres de moins de 30 ans ;
  • Par ailleurs 40 % d’entre eux pensent que ces réformes sont susceptibles d’améliorer « la compétitivité des PME », contre autant qui n’y croient pas trop (40 %) ;
  • En revanche une majorité relative des cadres ne pensent pas que le Plan Ayrault pourrait avoir un impact significatif sur la croissance  (46 % « plutôt pas » contre 37 % « plutôt »), les exportations (44 % contre 31 %) et surtout l’emploi (50 % contre 29 %).

Si ces chiffres apparaissent plutôt encourageants concernant le principal objectif visé par le gouvernement – la compétitivité des entreprises – la confiance des décideurs demeure limitée pour des réformes saluées tant par la majorité gouvernementale que par Laurence Parisot (MEDEF). Et au-delà, des interrogations pointent donc sur l’impact économique et social global de ce Pacte de compétitivité et sa capacité à inverser les mauvais chiffres de l’économie française : chômage, balance commerciale, retour de la croissance.
Malgré tout, ces annonces ont un impact au moins sur la confiance actuelle, puisque les perceptions des cadres tant sur l’économie française que sur leur propre situation sont orientées à la hausse pour la première fois depuis le printemps.

L’ensemble des indicateurs en hausse à l’exception de l’emploi

Après trois mois de chute consécutifs, le moral des cadres se rétablit enfin. Certes, les perceptions restent plutôt négatives, et une large majorité de cadres n’envisagent pas nécessairement une sortie de crise, mais une hausse significative est enregistrée sur quasiment tous les indicateurs :

  • 60 % des cadres estiment que le niveau de vie en France « se dégradera » d’ici un an, en baisse de 3 points. Ils sont à l’inverse 11 % à penser qu’il s’améliorera (+4) et 29 % qu’il restera stationnaire.
  • 17 % des cadres pensent par ailleurs que sur le plan personnel leur situation financière « va s’améliorer » dans les mois qui viennent (+6), contre 41 % qu’elle « va se dégrader » (-10) ; et 15 % pensent que leurs opportunités de carrière devraient être « importantes » (+1)
  • Enfin la motivation enregistre également une hausse remarquée, avec 41 % des cadres qui trouvent leurs collaborateurs « motivés » (+8).

Seule la situation de l’emploi devrait continuer à se dégrader selon les cadres : 84 % d’entre eux anticipent ainsi une augmentation du nombre de chômeurs dans les mois à venir (+1), contre seulement 4 % qui pensent que le chômage diminuera.

Des perceptions qui font écho à l’impact perçu du Plan de compétitivité : s’il devrait être plutôt bénéfique pour les entreprises, ses répercussions sur l’emploi et la croissance interrogent davantage. Preuve que s’il existe bien un certain regain de confiance chez les décideurs, ceux-ci restent prudents sur les perspectives de l’économie française pour 2013.

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