HEC Figaro FranceInter
 
03/09/2012
 

La France parviendra-t-elle à s’affranchir du pessimisme économique ? En dépit de l’élection présidentielle qui vient d’avoir lieu, les cadres ne parviennent pas à reprendre  confiance : l’indicateur synthétique du « Baro éco » chute en cette rentrée à -43, soit un repli de quatre points par rapport aux données enregistrées avant l’été.

Cette dégradation s’explique pour l’essentiel par une brutale détérioration des anticipations en matière d’emploi : 80 % des cadres estiment que « dans les mois qui viennent, le nombre de chômeurs en France augmentera », soit un score massivement plus élevé (+17 points) que celui qui avait été obtenu fin mai. Et de manière plus radicale, 28 % estiment que le chômage augmentera « nettement », soit une progression de 11 points au cours de l’été.

Ces mauvais résultats constituent la traduction du contexte de ces dernières semaines : la succession de plans sociaux, acquis ou possibles (notamment PSA, Air France, Alcatel, Unilever-Fralib) et les prévisions de l’Insee envisageant un taux de chômage à 10,3 % fin 2012 (note de juin 2012) ont douché les perspectives des cadres en la matière.

Cette toile de fond conduit par ailleurs à un regain de pessimisme en matière de niveau de vie : 60 % des cadres anticipent une dégradation, contre 49 % avant l’été.

En revanche ces anticipations macroéconomiques décevantes n’ont pas d’impact négatif sur les perspectives personnelles des cadres, il est vrai d’ores et déjà très faibles : 14 % des cadres estiment que leur situation « va s’améliorer » (-1), 17 % qu’ils disposeront d’importantes opportunités professionnelles (résultat stable) et 42 % que leurs « collaborateurs » sont « motivés » (+6).

Enfin le Traité budgétaire européen, au cœur de l’actualité, recueille un soutien fragile : 51 % des cadres s’y déclarent « favorables », contre 21 % « opposés ». Bien évidemment ces données reposent sur une structure de soutien politique très  diversifiée : les cadres les plus massivement favorables à ce traité sont ceux qui se déclarent proches de l’UMP, les oppositions les plus vives émanant des extrêmes.

En revanche le taux élevé de non-réponses à cette question (28 %) signifie qu’il existe encore, pour les partisans de ce traité, un important travail d’information et de conviction à réaliser.

Auprès des cadres, le Traité budgétaire européen ne s’impose pas comme une évidence d’opinion.

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