HEC Figaro FranceInter
 
16/05/2012
 
Quelle influence peut avoir une élection présidentielle sur les perspectives économiques de l’opinion publique et des décideurs ? Comme en mai 2007, l’indice synthétique du moral des cadres a progressé au cours des derniers mois de la campagne (+15 points depuis fin novembre 2011), même si la situation économique n’est en rien comparable avec le précédent scrutin (l’indice synthétique est aujourd’hui à -41, contre +1 en 2007)
 

 Élections 2012 : peu de raisons d’espérer

Peut-on pour autant parler, pour reprendre la couverture de The Economist, d’une « France dans le déni » face aux difficultés de la crise ? Rien n’est moins sûr, au contraire. Pour le moins en ce qui concerne les cadres français. Interrogés durant l’entre-deux tours, 73 % d’entre eux déclarent que l’élection ne leur a pas donné davantage de raisons d’espérer en l’avenir économique de la France, et 55 % s’attendent à une accentuation de la crise économique et financière dans les prochains mois. Des constats sans détours en gage d’avertissement au nouveau gouvernement, qui devra nécessairement concilier dans les prochains mois promesses électorales et réalisme économique.

La crise est loin d’être terminée, selon les cadres

Concrètement, ce pessimisme s’explique par des anticipations macroéconomiques négatives, que l’élection présidentielle n’est pas parvenue à dissiper :

  • 73 % des cadres pensent que le nombre de demandeurs d’emploi augmentera dans les mois à venir, en hausse de 2 points ;
  • 12 % des cadres pensent que le niveau de vie en France s’améliorera dans les mois à venir (chiffre stable), contre 57 % qui s’attendent à ce qu’il se dégrade (+2) ;
  • Enfin, 39 % des cadres jugent leurs collaborateurs motivés (-2 points), contre 58 % pas motivés (+3).

Cette tendance s’explique aisément : les chiffres du chômage continuent d’augmenter en France, et ils ont atteint dans la zone euro leur plus haut niveau en quinze ans (Eurostat), la reprise se fait toujours attendre en l’absence de perspectives concrètes de croissance, enfin les marchés financiers s’inquiètent des déficits incontrôlables de plusieurs pays européens, ce qui pourrait amorcer une nouvelle crise de la zone euro si leurs taux d’intérêts devenaient insoutenables.

Pour autant il est encore tôt pour prévoir si cette tendance sera durable, ou si les orientations économiques du futur gouvernement (et de ses partenaires européens) ramèneront la confiance, enjeu majeur de la période post-électorale.

Amélioration des perspectives personnelles dans le secteur privé et les PME

Pour autant, malgré cette prudence sur la conjoncture à venir en France, les cadres semblent plus optimistes concernant leurs perspectives personnelles :

  • 16 % des cadres s’attendent à une amélioration de leur situation financière dans les prochains mois (+2) ;
  • 20 % anticipent des opportunités de carrière importantes, en hausse de 3 points.

Concrètement cette amélioration des perspectives personnelles émane davantage de deux catégories de cadres :

  • Les cadres du secteur privé : 17 % d’entre eux estiment que leur situation financière s’améliorera, contre 14 % dans le public ; ils sont par ailleurs 23 % à penser que leurs opportunités de carrière seront importantes dans les mois à venir, contre 15 % pour les cadres du public ;
  • Et parmi eux les cadres de PME : dans les entreprises de moins de 200 salariés, 28 % des cadres anticipent des opportunités de carrière, contre 20 % des cadres d’entreprises de plus de 500 salariés.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - mai 2012