Bpce LesEchos FranceInfo
24/11/2014
 
Fêtes de fin d’année, transports : vers des réductions des dépenses et de nouveaux comportements économiques. Cette fin d’année 2014 se présenterait-elle sous de meilleurs auspices pour le porte-monnaie des Français ? La stabilisation de l’inflation, la baisse des prix des produits alimentaires (Insee), voire l’annonce de la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, ne sont-elles pas de nature à réduire les inquiétudes des ménages pour leur pouvoir d’achat et à nourrir leur confiance en l’avenir ?

 

Cette nouvelle livraison du « Baromètre des projets », réalisée par Viavoice pour BPCE et publiée par Le Monde et France Info, révèle au contraire des inquiétudes très vives sur plusieurs enjeux de la vie quotidienne, favorisant de nouveaux comportements économiques.

Pouvoir d’achat : 56 % des Français pessimistes, malgré les indices d’amélioration

De manière globale, les Français demeurent très préoccupés pour l’évolution de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois : 56 % estiment qu’il va « diminuer », soit un score qui demeure très élevé, bien loin de l’étiage de  36 % enregistré en mai 2012 lors de l’élection présidentielle.

Certes, ce nouveau résultat témoigne d’une érosion des inquiétudes (-3 points par rapport au mois dernier). Cette baisse des préoccupations s’explique par deux phénomènes récents :

  • La diminution des inquiétudes concernant les prix de l’alimentation : 31 % des Français se déclarent « préoccupés » par les dépenses en matière d’alimentation pour les trois prochains mois, soit un score en baisse de trois points par rapport aux données enregistrées le mois dernier, et de sept points par rapport à juin. De fait, les données Insee indiquent une baisse des prix alimentaires en grande surface au cours des derniers mois et depuis un an ;
  • La baisse des inquiétudes également concernant le prix de l’essence : 20 % des Français s’affirment « préoccupés », soit une baisse de 4 points par rapport au mois dernier, et loin du score maximum de 43 %, atteint en mai 2013. Cela s’explique par le fait que le prix des carburants soit de fait toujours orienté à la baisse, en répercussion du tassement des cours du pétrole.

Premières préoccupations des Français : impôts (52 %) et… électricité (35 %)

Désormais, les deux premières préoccupations des Français pour leur pouvoir d’achat sont :

  • Les impôts à 52 %, score en hausse par rapport à ceux enregistrés au cours des trois derniers mois ; ce résultat est singulièrement frappant alors que le gouvernement a annoncé des mesures nouvelles, et en particulier la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu. Il est vrai que l’annonce pour l’instant sans effet tangible pour le portefeuille des contribuables ;
  • L’électricité (35 %), nourrissant un pessimisme en forte hausse : +4 par rapport au mois dernier, + 8 par rapport au mois précédent. Cela fait suite à l’annonce de l’augmentation de 2,5 % des tarifs de l’électricité à partir du 1er novembre, conséquence de l’adoption d’une nouvelle formule de calcul des tarifs EDF, et d’un rattrapage sur les tarifs des années 2012 et 2013.

Fêtes de fin d’année : 53 % des Français envisagent de « dépenser moins »

En cette période, les fêtes de fin d’année constituent également un sujet de préoccupation majeur pour un grand nombre de familles. Plus de la moitié des Français (53 %) envisagent de « dépenser moins » que l’année dernière, 39 % « autant » et… seulement 6 % « davantage ». Ces chiffres sont éloquents parce qu’ils indiquent que la fête ne sera généralement pas synonyme d’insouciance financière, et que les effets d’entraînement sur l’économie seront moins manifestes que par le passé.

Moyens de transports : vers de nouveaux usages ? Fortes restrictions et… économie collaborative

Enfin, et toujours singulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année et des déplacements éventuels, en famille et en vacances, le coût des transports est l’un des enjeux majeurs pour les foyers français.  À cet égard l’ampleur des intentions de restrictions d’usage des transports « traditionnels » est   frappante : 40 % des utilisateurs de voiture envisagent d’utiliser « de moins en moins » leur voiture, 31 % des voyageurs en train de « moins » prendre le train et 28 % des voyageurs aériens de « moins » prendre l’avion.

En revanche, 29 % des Français envisagent de « faire du covoiturage pour des trajets longue distance avec des proches », score singulièrement élevé en regard des intentions de restrictions sur les transports traditionnels.

En cette fin 2014, les contraintes budgétaires qui pèsent sur les ménages se révèlent pour beaucoup particulièrement lourdes, et pour certaines de plus en plus sensibles (électricité notamment). Cet état de fait entraîne des intentions de restrictions des dépenses (fêtes de fin d’année, moyens de transports), et l’importance de nouvelles pratiques, relevant de l’économie collaborative. Face aux contraintes de chacun, une nouvelle économie s’invente.

François Miquet-Marty

Télécharger en pdf le Baromètre Viavoice Novembre 2014