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30/01/2013
 

Des inquiétudes sur le pouvoir d’achat qui se stabilisent. A l’automne après l’annonce du plan budgétaire (comprenant une hausse de la fiscalité des ménages), les inquiétudes en matière de pouvoir d’achat avaient culminé : 57 % des Français estimaient alors que leur pouvoir d’achat allait « diminuer ».

Aujourd’hui en ce début 2013, cette période de fortes préoccupations s’achève avec une stabilisation des inquiétudes à un niveau certes élevé mais nettement inférieur :

  • 48 % des Français envisagent une baisse de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois, soit une baisse de 9 points par rapport aux données recueillies en octobre 2012, et de 1 point par rapport au mois dernier.
  • Les inquiétudes les plus vives demeurent sur les principaux postes de dépense : L’essence et l’électricité enregistrent également des hausses d’inquiétude limitées (respectivement 33 %, +2, et 32 %, +2) suivant la courbe de leurs prix respectifs, en augmentation depuis le début de l’année;
  • Les prix de l’alimentation inquiètent de manière croissante les Français puisque 47 % d’entre eux les placent parmi les dépenses qui les préoccupent le plus pour leur pouvoir d’achat, en hausse de 4 points.

Des intentions de consommation orientées à la baisse

Avec un pouvoir d’achat en berne et des perspectives économiques moroses pour les ménages en 2013 – en termes de croissance, d’emploi, de salaires – la tendance pour ce début d’année 2013 va naturellement vers une baisse tendancielle de la consommation :

  • Seuls 8 % des Français envisagent de dépenser plus d’argent au cours des trois prochains mois pour l’alimentation ou l’habillement, résultat en baisse de 3 points depuis décembre. Ils sont toujours, à l’inverse, 35 % à anticiper une baisse de leurs dépenses ;
  • Par ailleurs cette tendance touche toutes les catégories de population, les catégories aisées comme les catégories populaires, puisque seuls 8 % des CSP+ comme des CSP- envisagent de dépenser plus dans les mois à venir ;
  • Enfin les intentions d’investissements immobiliers restent stables : 4 % des Français qui envisagent l’achat d’une maison ou d’un appartement.

Les perspectives de consommation apparaissent donc faibles en ce début d’année. En dépit d’une faible inflation, le pouvoir d’achat des Français demeure en effet pris en tenaille entre hausses d'impôts, faibles revalorisations des prestations sociales (retraites, allocations familiales) et pression sur les salaires. Une situation qui pourra difficilement s’inverser en l’absence de croissance et d’emplois, surtout espérés pour 2014.

Malgré la baisse des taux de rémunération au 1er février, une large majorité de Français pensent conserver leur épargne sur Livret A et LDD

Alors que les livrets réglementés – Livret A et Développement Durable notamment – ont enregistré une collecte record en 2012, profitant du relèvement progressif de leurs plafonds, la baisse de leur taux de 2,25 % à 1,75 % le 1er février fait craindre un transfert massif d’épargne de ces livrets vers d’autres types de placements plus rentables.

Or ce sondage indique que ces transferts devraient être limités : dans leur grande majorité, les épargnants envisagent de conserver leurs économies placées sur les livrets A et LDD, même si certains publics se montrent plus enclins à transférer leur épargne.

Ainsi 50 % des Français déclarent vouloir conserver leur épargne sur leur Livret A ou leur Livret Développement durable, malgré la baisse de leur taux de 0,5 points. Ainsi le Livret A et plus largement les livrets réglementés demeurent les placements privilégiés par les Français, combinant deux avantages essentiels dans le contexte actuel :

  • L’exonération d’impôts et de charges sociales, alors que les prélèvements obligatoires sont orientés à la hausse depuis plusieurs années. La fiscalité sur le capital notamment est aujourd’hui alignée, à quelques exceptions près, sur le même barème que l’impôt sur le revenu ;
  • La garantie de l’État et donc l’absence de risque, alors que les produits financiers tels que les actions notamment ont perdu beaucoup de leur attractivité auprès des particuliers depuis fin 2008 et le début de la crise financière.

Sur le créneau des placements sans risques, et compte tenu de la défiscalisation, les livrets A et LDD préservent donc toute leur attractivité auprès des Français. Certains publics sont toutefois plus enclins à transférer une partie de leur épargne de ces livrets vers d’autres placements, notamment les 25-34 ans (jeunes actifs) ou les catégories aisées (cadres, professions libérales, professions intermédiaires), ces dernières disposant potentiellement de portefeuilles plus diversifiés que la moyenne des Français, ce qui facilite ces transferts.

Ainsi, et malgré l’inconnue des transferts réels et de leur valeur à moyen terme, les livrets réglementés devraient pouvoir maintenir leur encours en 2013, d’autant plus que les intentions d’épargne, à l’inverse d’une consommation qui fléchit, demeurent stables pour les mois à venir : 11 % (+1) des Français envisagent ainsi de mettre « plus d’argent de côté » que ces derniers mois, et 36 % (+1) « autant d’argent de côté ». Ils ne sont à l’inverse plus que 24 % (-3) à déclarer ne pas épargner.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Projets des Français - janvier 2013