Figaro Idinvest
23.11.15

captureidinvestUn entrepreneuriat français moins dynamique mais davantage porté vers l’innovation qu’en Allemagne et au Royaume-Uni

La troisième vague du Baromètre « Envie d’entreprendre » Idinvest Partners, réalisé par Viavoice et publié dans Le Figaro, n’est a priori pas optimiste pour notre pays : confrontée à une baisse conjoncturelle des aspirants à l’entrepreneuriat, distancée par l’Allemagne et le Royaume-Uni sur ces indicateurs, la France semblerait en retard et reléguée pour longtemps loin derrière ses voisins en temps que terre d’élection pour la création d’entreprise. En réalité, l’entrepreneuriat français est plein de ressources pour l’avenir : plus convaincus qu’ailleurs des opportunités existantes dans leur secteur, plus optimistes sur les opportunités offertes par l’évolution des modes de vie et de consommation, les futurs entrepreneurs français sont certes moins nombreux qu’ailleurs mais aussi davantage portés vers l’innovation, et animés d’une valeur forte pour demain : l’effort et le courage.

Télécharger l'étude L'indice Idinvest Partners « Entreprendre » / Etude comparative sur l'envie d'entreprendre dans trois pays : France, Allemagne et Royaume-Uni

 

Une « envie d’entreprendre » en baisse en France et à la traîne face à ses voisins allemands et britanniques

Avec 30 % des Français déclarant ce mois-ci avoir envie de créer leur propre entreprise, contre 34 % en avril dernier et 37 % en novembre 2014, la volonté d’entreprendre enregistre une baisse notable en cette fin d’année. Logiquement, et malgré une hausse des personnes ayant  « un projet concret d’entreprise » entrant en compte dans le calcul de l’indice Idinvest « Entreprendre », celui-ci enregistre une baisse de 40 points depuis le début de l’année, à 300.

De leur côté, nos voisins allemands et britanniques sont mieux lotis :

-Près d’un habitant du Royaume-Uni sur deux (44 %) envisage ainsi de créer sa propre entreprise.
-Et cette « envie d’entreprendre » concerne même une majorité d’Allemands (56 %), à un taux atteignant presque le double de celui enregistré dans l’Hexagone.

Des résultats liés à la conjoncture économique, mais pas uniquement : si la croissance française estimée pour 2015 (1,1 % selon l’OCDE) est bien inférieure à celle de ses voisins, la croissance allemande (1,5 %) est en revanche inférieure à celle du Royaume-Uni (2,4 %), en forte croissance depuis 2014.

L’ « envie d’entreprendre », entre déterminants économiques et déterminants culturels

En réalité, il apparaît que l’aspiration à l’entrepreneuriat et les différences obtenues par pays soient le résultat d’un ensemble de facteurs complémentaires, à la fois économiques, sociaux et culturels de fond favorisant ou freinant l’ « envie d’entreprendre » :

-Des perceptions économiques de long terme : si la croissance britannique est aujourd’hui la plus forte, les Allemands sont les plus confiants sur la conjoncture économique de leur pays : 57 % pensent que celle-ci est un atout pour créer son entreprise, contre 29 % au Royaume-Uni et 13 % en France. Une perception liée à la constance de l’économie allemande ces dernières années, mais aussi à la solidité de la plupart de ses indicateurs économiques : dette publique, investissements, chômage, consommation des ménages, etc.
-Mais cette perception de la conjoncture est également, pour une part, subjective : au-delà de la conjoncture nationale, les Allemands sont également plus confiants que les Français ou les Britanniques sur la croissance mondiale ou européenne, alors même que le ralentissement des pays émergents, Chine en tête, touche de plein fouet les exportations allemandes. Une dimension de confiance qui semble donc indispensable à la volonté d’entreprendre.
-Des perceptions financières liées à la capacité d’emprunt dans chaque pays pour créer un business. Sur ce point, 34 % des aspirants à l’entrepreneuriat en Allemagne sont confiants sur la capacité des banques allemandes à financer des projets, contre 22 % au Royaume-Uni et 18 % en France. À noter d’ailleurs sur ce point que 50 % des Britanniques souhaitant créer leur entreprise pensent le faire sur fonds propres, via un apport personnel (contre 48 % des Allemands et 45 % des Français), et qu’ils ne sont que 20 % à envisager un prêt bancaire (38 % en France et en Allemagne).
-Des déterminants culturels : au-delà de la solidité de son économie, l’économie allemande bénéficie de valeurs fortes liées à l’esprit de « liberté et d’indépendance » – 51 % des aspirants à l’entrepreneuriat en Allemagne mettant en avant cette valeur, contre 43 % au Royaume-Uni et 38 % en France – mais surtout de « confiance en soi » : plus qu’ailleurs, ce qui conditionne en Allemagne la décision finale de créer son entreprise est « la certitude de réussir, un moment de grande confiance en soi » (45 % contre 37 % au Royaume-Uni et 31 % en France) tandis que Britanniques et Français privilégient davantage la concrétisation de leur projet et « le fait d’avoir tout prévu » avant de se lancer dans une aventure entrepreneuriale.

Économie prospère et solide sur le long terme, investissement des banques, confiance pour l’avenir et confiance en soi semblent ainsi constituer les bases d’un entrepreneuriat allemand dynamique, comme en témoigne l’importance du « Mittelstand », ce réseau de PME souvent familiales, très spécialisées et tournées vers l’exportation, véritable colonne vertébrale de l’économie outre-Rhin.

Des « aspirants à l’entrepreneuriat » français moins optimistes sur la conjoncture mais convaincus d’opportunités sectorielles et sociétales fortes

À mille lieu de ce modèle allemand, et sans doute moins dynamique, le « modèle français » d’entrepreneuriat bénéficie d’autres atouts, davantage liés à l’innovation :

-Une confiance plus forte qu’ailleurs dans les opportunités sectorielles : très pessimistes sur la situation économique globale de leur pays, les aspirants à l’entrepreneuriat en France le sont beaucoup moins dès lors qu’il s’agit de leur propre secteur d’activité : 60 % d’entre eux considèrent ainsi l’activité de leur secteur comme « un atout » pour créer son entreprise, contre 54 % en Allemagne et 40 % au Royaume-Uni.
-Une croyance également plus forte dans les opportunités offertes par l’évolution des modes de vie et de consommation : considérées comme un atout par 63 % des personnes portées vers la création d’entreprise en France, contre 45 % au Royaume-Uni et 40 % en Allemagne.
-Enfin, puisque la dimension culturelle apparaît essentielle dans la volonté d’entreprendre, les Français sont animés plus que leurs voisins d’une valeur forte pour demain : l’effort et le courage (cité 35 % des Français, 20 % des Allemands et 14 % des Britanniques).