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02.05.16

Alors que le FMI vient d’abaisser sa prévision de croissance pour la France à 1,1 % pour cette année, les relais de croissance semblent manquer pour l’économie française, au-delà des réformes structurelles engagées ces dernières années et qui n’ont pas, jusqu’à aujourd’hui, suffit à redresser suffisamment l’économie française pour commencer à parler d’une véritable « reprise ». Parmi ces relais de croissance, les innovations digitales sont identifiées par les cadres français à la fois comme un formidable accélérateur de performance dans les secteurs « traditionnels », et comme un espoir de développement et de conquête internationale pour les fleurons français du secteur numérique. Une voie de développement à ne pas négliger donc, en tant que levier de compétitivité essentiel pour l’économie.

Le digital : un outil de simplification du travail permettant de gain de productivité

Plus d’une vingtaine d’années après l’arrivée d’Internet dans les foyers et les entreprises, le digital continue à révolutionner nos vies, et sans doute au travail plus qu’ailleurs. C’est en substance le message délivré par les cadres français, qui pour plus des trois quarts d’entre eux (76 %) voient les outils numériques comme des outils de simplification du travail au quotidien, quels que soit leurs missions et leurs secteurs d’activité : plus de réactivité, une communication simplifiée entre collaborateurs (encourageant la mobilité), un meilleur accès aux informations et l’automatisation des tâches. Mais surtout, ce mouvement commencé il y a quelques décennies et à l’impact de plus en plus important n’est pas prêt, selon eux, de s’arrêter : Ainsi, pour 8 cadres sur 10, les innovations digitales des prochaines années continueront à simplifier encore davantage le travail au quotidien (79 %), et permettront des gains de productivité majeurs (81 %). Surtout, pour près des deux tiers (65 %) d’entre eux, l’utilisation du digital et des outils numériques dans les années à venir devrait être « totalement différente de ce que l’on connaît aujourd’hui ».

Le digital : un secteur économique tout puissant ?

Dès lors, peut-on considérer, compte tenu de cet impact croissant du digital dans nos vies, y compris professionnelles, que les entreprises de ce secteur seront devenues omniprésentes et toutes-puissantes dans l’économie de demain, comme pourrait le faire penser le néologisme d’ubérisation aujourd’hui devenu un lieu commun des réflexions stratégiques sur l’économie de demain ?

Sur cette question, les avis des cadres divergent. En effet, si 42 % d’entre eux pensent que l’on a tendance à sous-estimer la part du secteur digital dans l’économie de demain, avec l’idée que celui-ci s’imposerait à l’ensemble des secteurs d’activité, ils sont tout autant (43 %) à penser à l’inverse que ce potentiel de l’économie digitale est surestimée, car les secteurs « traditionnels » continueront à peser lourdement sur l’économie.

Le digital : un secteur de « conquête » pour les entreprises françaises

Enfin, le secteur digital est également identifié par les cadres comme un potentiel important de développement pour l’économie française : dans une conjoncture pourtant peu porteuse, et alors que le secteur du digital est soumis à une concurrence internationale féroce, 74 % des cadres pensent que les entreprises françaises du digital sont promises à un fort développement dans les prochaines années, notamment compte tenu de leur capacité d’innovation reconnue (68 %).

Conjoncture : des cadres inquiets sur l’emploi et sur leurs perspectives professionnelles

Toujours pas de véritable reprise en vue, selon les cadres : l’indice du moral des cadres observe ainsi une chute de 9 points ce mois-ci, en lien avec des perspectives personnelles et collectives largement dégradées :

-D’un point de vue personnel, d’abord, 83 % des cadres interrogés pensent que les opportunités pour faire progresser leur carrière dans les mois à venir seront faibles voire inexistantes, en hausse de 6 points en un mois ;

-Sur le plan macro-économique, leurs perspectives concernant l’emploi en France s’assombrissent également, puisqu’ils sont à nouveau une majorité (55 %, +9) à anticiper une hausse du nombre de chômeurs en France dans les mois qui viennent, après un regain d’optimiste le mois dernier.

Des anticipations peu encourageantes de la part des cadres donc, dans un contexte de fortes incertitudes liées à la dégradation du marché de l’énergie, au ralentissement de la croissance dans les pays émergents et à une inflation quasi-nulle en France et en Europe, pesant sur l’activité et l’épargne des ménages.

Dans ce contexte, les marges de manœuvre des entreprises restent faibles, et les cadres craignent pour leur épargne : un tiers d’entre eux pensent ainsi que leur situation financière pourrait « se dégrader » dans les mois à venir (34 %, +4).

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