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30.06.16

Croissance plus soutenue, emploi, impact de l’Euro 2016… Les leviers de la reprise sont là, disent les cadres

Grèves, manifestations : le climat social actuel, très dégradé, serait-il néfaste pour l’état d’esprit des cadres ? En réalité, les cadres se révèlent de plus en plus optimistes pour l’économie française et pour leur entreprise, portant l’indice du « moral des cadres » Viavoice – HEC - BFM Business -L’Expansion - L’Express, en hausse de 11 points, à son plus haut niveau depuis 5 ans. Cet optimisme s’appuie sur des éléments de conjoncture, notamment l’Euro de football, qui devrait selon une majorité de cadres (57 %) avoir un impact significatif sur la consommation. Mais il s’appuie, également, sur une vision de plus long terme : pour la première fois depuis longtemps, la plupart des indicateurs économiques (croissance, emploi, consommation ou investissements) sont au vert, laissant entrevoir une reprise plus solide et plus durable de l’économie.

Les perspectives en matière d’emploi améliorent nettement le moral des cadres

À -25, l’indice du moral des cadres renoue avec un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis mai 2011, il y a 5 ans. Une hausse de 11 points s’expliquant par l’amélioration de tous les indicateurs macro et micro-économiques, mais surtout – compte tenu de son ampleur – d’un net retournement des perspectives des cadres en matière d’emploi. Ainsi, les cadres français ne sont plus que 40 % à anticiper une hausse du chômage dans les prochains mois. Un chiffre qui atteignait 55 % le mois dernier, et donc en très net repli (-15 points). À l’inverse, 26 % des cadres pensent aujourd’hui que le nombre de chômeurs va diminuer (+13 points) et 32 % parient sur une stabilisation.

En corollaire, ces bonnes perspectives sur le front de l’emploi favorisent une amélioration – certes plus timorée – des autres indicateurs :

-20 % des cadres pensent ainsi que le niveau de vie en France s’améliorera d’ici un an (+7 points), contre 37 % qu’il restera stationnaire (-5) et 42 % qu’il se détériorera (-3) ;
-Sur un plan plus personnel, les cadres ne sont plus que 29 % à envisager une dégradation de leur situation financière dans les mois à venir, en repli de 5 points ;
-Enfin, la motivation dans les entreprises repart à la hausse avec 40 % des cadres considérant de manière générale leurs collaborateurs « motivés » (+4 points).

L’Euro 2016 : un impact significatif sur la consommation et l’image de la France

Parmi les éléments d’optimisme actuels, la Coupe d’Europe de Football n’est pas à négliger, selon les cadres français. En effet, quels que soient les résultats sportifs des Bleus, l’Euro devrait avoir un impact positif pour la France.

Une affirmation qui s’appuie sur l’impact économique direct de la compétition :

-Une hausse de la consommation des ménages, qui devrait bénéficier de l’ « effet Euro » selon 57 % des cadres (et notamment 63 % des cadres du privé) ;
-Des dépenses en hausse correspondant à des achats de biens de consommation liés à la compétition, mais aussi plus globalement au climat économique plus positif généré par l’Euro : 45 % des cadres pensent ainsi qu’il aura un effet positif sur le moral des ménages, favorisant d’autant plus leur consommation ;
-Enfin, de façon moins prégnante, 30 % des cadres pensent que la compétition sera bénéfique pour la croissance, et 24 % pour l’emploi.

Au-delà de ces impacts directs, d’autres impacts plus induits sont avancés par les   cadres : un bénéfice pour l’image de la France à l’étranger (pour 47 % d’entre eux), mais surtout un bénéfice pour l’image des villes accueillant des matchs (et donc des médias et supporters étrangers) pour 54 % d’entre eux.

En 1998, la Coupe du monde de football organisée par la France intervenait dans une conjoncture économique faste, et une période sociale peu troublée. Avec des résultats sportifs inespérés pour l’équipe nationale, jusqu’à la victoire finale, elle avait réussi à promouvoir – à l’intérieur comme à l’extérieur – l’image d’un pays à la fois divers, uni par ses valeurs et conquérant. Nul ne peut prédire si l’Euro réussira à reproduire le « miracle » de 1998. Il se pourrait toutefois qu’il apporte sa pierre à une reprise économique encore timorée, et à une cohésion nationale parfois troublée.

Aux sources d’un moral en partie retrouvé : le cercle vertueux de la conjoncture et de l’état d’esprit collectif

Aux sources de ce moral en partie retrouvé s’inscrit un cercle vertueux entre améliorations de conjoncture d’une part, et état d’esprit collectif d’autre part.

De fait, sous le bruit des mouvements sociaux, ce premier semestre 2016 est riche en améliorations sensibles de conjoncture : prévision de croissance 2016 à 1,5 % après 1,3 en 2015, succédant à trois années proches de zéro ; baisse du chômage sur deux mois consécutifs (mars et avril).

Cette embellie relative est elle-même portée par un faisceau de facteurs : faiblesse de l’inflation liée à la modération des prix du pétrole, reconstitution des marges des entreprises favorisant une reprise de l’investissement, augmentation consécutive des créations d’emplois, favorisée également par la « prime à l’embauche » qui avait été présentée par Manuel Valls en juin 2015, puis complété par le « plan d’urgence pour l’emploi » rendu public par François Hollande en janvier 2016.

Ces signaux positifs de conjoncture favorisent la progression actuelle du moral des cadres, laquelle constitue à son tour à un contexte propice à des nouvelles améliorations de conjoncture.

Ce qui se met en place aujourd’hui n’est pas uniquement une amélioration du moral des cadres. C’est, plus profondément, la possibilité d’une reprise.

Reste à en évaluer la robustesse au cours des mois qui viennent…

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