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20.07.16

Santé et bien-être : les jeunes de 18 à 28 ans largement satisfaits, en dépit de difficultés financières et de contraintes de temps non négligeables. 95 % des jeunes de 18 à 28 ans en bonne santé, 84 % satisfaits en matière de bien-être personnel : les fondamentaux sont bons pour la jeunesse française, en dépit de difficultés non-négligeables même si elles restent minoritaires.

Les difficultés financières restent un frein majeur à l'accès aux prestations de santé, puisque 36 % des 18-28 ans déclarent avoir déjà renoncé, au cours de l'année écoulée, à des soins pour des raisons financières (dont 11 % "souvent" et 25 % "parfois").

Pour un jeune sur cinq (21 %), ces difficultés financières (coûts des médicaments et des soins non remboursés notamment) font partie de leurs "principales difficultés" en matière de santé.

Enfin, on peut noter que ces problèmes financiers dans l'accès à la santé concernent aux premiers plans :

- Les jeunes femmes (39 % ont renoncé à des soins au cours de l'année, 25 % placent les questions financières parmi leurs principales difficultés en matière de santé), dont la contraception ou certains besoins ne concernant pas les jeunes hommes

- Les jeunes en recherche d'emploi, qui sont 40 % à avoir renoncé à des soins au cours de l'année et 32 % qui placent les questions financières parmi leurs principales difficultés.

Toutefois, l'étude fait ressortir qu'au-delà des contraintes financières, c'est davantage la question de l'équilibre des temps qui ressort comme le principal frein des 18-28 ans en matière d'accès à la santé :

- Ainsi 24 % des personnes interrogées placent le manque de temps (ou le manque d'envie d'en parler) comme leur principale difficulté en matière de santé, dont 28 % des actifs et des étudiants, et 32 % des étudiants actifs ;

- Ils sont, également, près d'un jeune sur deux (47 %) à avoir renoncé à des soins par manque de temps, au cours de l'année, dont 61 % des étudiants actifs.

Allongement du temps des études, mobilité accrue, multiplication des stages ou des "petits boulots" pour une partie importante d'étudiants ou de jeunes travailleurs... Ces contraintes organisationnelles, ajoutées au sentiment de précarité ou à la crainte de ne pas trouver d'emploi, conduisent ainsi parfois la jeunesse à faire passer au second plan leur santé, par ailleurs très largement satisfaisante. Mais aussi, dans un cadre plus global, à raccourcir leurs nuits et leurs activités, notamment physiques et sportives.

Sept heures et demi de sommeil par jour, trois heures de sport par semaine en moyenne

Derrière ces chiffres, proches des préconisations des professionnels de santé, des différences importantes au sein de la jeunesse peuvent être mises en avant, montrant les difficultés d'une grande partie à concilier leurs différents "temps de vie" (sommeil, activités professionnelles et/ou études, activités, etc...)

En matière de sommeil, 54 % de l'échantillon déclarent ainsi dormir "suffisamment" (avec une moyenne de sommeil de 7 heures 53 par jour), mais à l'inverse 46 % pensent ne pas dormir suffisamment (avec une moyenne de 6 heures 57 par jour).

Au-delà de ces perceptions, certes subjectives, on observe par ailleurs qu'un quart des 18-28 ans (23 %) dort moins de 7 heures par jour, limite généralement acceptée à cet âge par les professionnels et institutions de santé.

En matière de sport et d'activité physique, des différences hommes / femmes sont fortement perceptibles (3 heures 34 contre 2 heures 15 d'activités physiques hebdomadaires), et plus d'un quart (27 %) des jeunes de 18 à 28 ans déclarent moins d'une heure d'activité physique hebdomadaire.

Enfin, on remarque, en lien avec les questions de santé, que le manque de temps peut être un frein majeur à l'activité physique et sportive, puisque 77 % des jeunes interrogés souhaiteraient faire davantage de sport ou d'activité physique, et pour un jeune sur deux (49 %), leur pratique sportive est aujourd'hui moins importante qu'elle l'était à l'adolescence (contre seulement 29 % "plus importante") : l'entrée dans les études et la vie professionnelle, l'entrée également dans la majorité signifie donc, pour beaucoup de jeunes, la nécessité de restreindre leur activité physique.

Intégration et optimisme personnel : un clivage entre "deux jeunesses" ?

Peut-on parler d'une "fracture" au sein de la jeunesse ? En d'autres mots, les distinctions existantes entre les 18-28 ans concernés par des problèmes financiers ou des contraintes de temps préjudiciables à leurs pratiques de santé, et les autres, se retrouvent-elles, au-delà des difficultés personnelles, dans leurs manières d'appréhender la société, mais aussi leur avenir et leur sentiment d'intégration ? Notre étude fait apparaître en effet un clivage entre "deux jeunesses" :

- Une jeunesse optimiste et bien intégrée : 47 % des 18-28 ans sont ainsi optimistes pour l'avenir, et 49 % se sentent bien intégrés dans la société, mettant en avant comme principal facteur d'intégration le travail et les études, et le sentiment d'épanouissement lié à ces activités (57 % des actifs occupés, c'est à dire en emploi, se déclarent d'ailleurs "intégrés") ;

- A l'inverse, 21 % des 18-28 ans se déclarent "pessimistes" pour l'avenir et 27 % "ni optimistes ni pessimistes". Une proportion proche de ceux qui ne se sentent pas intégrés dans la société (39 %, dont 59 % des jeunes en recherche d'emploi). Un sentiment largement nourri, donc par les difficultés en matière d'emploi, principal facteur d'exclusion mis en avant (23 %), devant le manque de relations sociales (16 %) ou les discriminations (12 %).

Or, cette "fracture" au sein de la jeunesse, existe tout autant chez les étudiants que parmi les autres catégories de jeunes, puisque seuls 54 % d'entre eux se sentant pleinement intégrés dans la société (contre 38 % qui ne sentent pas intégrés).

Ce clivage semble ainsi davantage lié à la vision de son propre avenir personnel qu'à son activité du moment (études ou travail). En effet, la crainte de ne pas trouver d'emploi, principal souci des jeunes (pour 68 % d'entre eux, dont 73 % d'étudiants) est très fortement liée à la crainte de ne pas avoir choisi la bonne formation ou la bonne voie professionnelle (61 %) ou la peur de rater ses études, qui, avec 80 % de citations chez les étudiants, arrive même devant la crainte de ne aps trouver d'emploi.

Ce sont ainsi ces déterminismes, accrus par aujourd'hui presque 10 ans de crise économique, qui fracturent la jeunesse, plus qu'un sentiment de ne pas être considéré, certes existant mais de manière moins pregnante que le sentiment de précarité face à la difficulté de trouver un emploi, et, au-delà, un emploi correspondant à ses propres aspirations.

Retrouver l'intégralité de l'étude, ainsi que la version Bretagne Pays de la Loire et la version Grand Est