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29.09.16

La campagne présidentielle qui s’ouvre va-t-elle dynamiser l’économie française ? Période de propositions et de perspectives nouvelles, de projection dans l’avenir, une campagne électorale peut constituer un ressort économique majeur. Pourtant, loin de ce scénario positif, ce « cru 2016-2017 » ne convainc pas les cadres, pour l’instant : pour l’économie, cette campagne présidentielle est à leurs yeux bien davantage une source d’inquiétudes qu’une source d’espoirs.

Présidentielle 2017 : une campagne électorale à contre-courant économique ?

Les scores sont sans appels, et sont inquiétants :  49 % des cadres estiment que la « campagne présidentielle qui s’ouvre » est surtout une « source d’inquiétude économique », alors que  24 % seulement voient en elle une « source d’espoir économique ».

Et cela ne va pas de soi : en vue de la présidentielle de 2007, la campagne électorale avait considérablement fait progresser le moral des cadres, dont l’indice avait atteint le plus haut niveau de son histoire (+1) : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou François Bayrou offraient à leurs électorats des promesses de renouveau. Et la croissance économique avait atteint des scores jamais réédités depuis (+ 2,4 % en 2006, + 2,3 % en 2007).

Cette année, ce « mal français » face à la campagne électorale ne s’explique pas uniquement par une défiance envers des candidatures potentielles déjà vues (François Hollande, Nicolas Sarkozy). Il procède également des tentations extrémistes auxquelles les cadres souscrivent peu et qu’ils jugent dangereuses économiquement  (intentions de vote en faveur de Marine Le Pen), doublées par un contexte international peu prometteur (progression de l’extrême-droite allemande, Brexit, candidature Trump aux Etats-Unis).

Il relève enfin de la nature des enjeux qui s’imposent souvent dès cette pré-campagne (lutte contre les menaces terroristes, Islam, immigration, laïcité, identité nationale, etc.), certes essentiels mais qui occultent les débats sur la croissance et sur le soutien aux entreprises, ainsi que les propositions de réformes concrètes.

Conjoncture : stabilisation du « moral des cadres »

Dans ce contexte, le moral économique des cadres se stabilise. Et la conjoncture n’y contribue pas, notamment avec l’annonce d’un taux de croissance nul au deuxième trimestre :  seuls  18 % des cadres jugent la conjoncture positive pour l’économie française, contre 60 % « assez mauvaise » et 19 % « très mauvaise ». Pour leur propre entreprise, les perspectives sont meilleures mais négatives également : 41 % jugent la conjoncture positive, 44 % « assez mauvaise » et 8 % « très mauvaise ».

Certes, l’amélioration constatée en juin dernier n’est pas mise en cause, et les perspectives en cette rentrée 2016 restent bien meilleures que ce qu’elles pouvaient être ces derniers mois :

-Les cadres ne sont que 37 % à envisager une baisse du niveau de vie en France, au plus bas niveau depuis un an (et une baisse de 8 points depuis avril dernier) ;
-Ils ne sont plus que 42 % à craindre une hausse du chômage (contre 55 % en avril) ;
-Leurs perspectives personnelles s’améliorent depuis un an : seuls 28 % anticipent ainsi une dégradation de leur situation financière, contre 37 % en septembre 2015.
 

Vers la « révolution » Big Data ? Des opportunités réelles et multisectorielles qui impacteront largement les métiers de demain, selon les cadres

Pour le plus long terme en revanche, les cadres ont intégré le Big Data comme une réelle opportunité, promesse d’une révolution future. Ces technologies liées à la recherche, au recueil, au traitement et à l’analyse des données de plus en plus massives font déjà partie des perspectives de développement des entreprises : 70 % des cadres pensent qu’elles seront utilisées dans leur entreprise dans « quelques années », et 59 % qu’elles changeront même leur façon de travailler. Ce succès s’explique par l’utilisation anticipée du Big Data dans une multiplicité de secteurs : certes en marketing et compréhension des tendances de consommation (53 %), mais également en finance, banque et assurance (52 %), dans le commerce en ligne (41 %), la communication (40 %), la sécurité et la lutte contre la criminalité (32 %), voire la santé.

En revanche, comme de nombreuses « nouvelles technologies » le Big Data inquiète, tant d’un point de vue personnel que sur le plan des affaires : 82 % des cadres pensent que, sans contrôle, ces technologies comportent des risques en matière de protection de la vie privée et de sécurité des données personnelles. Et 78 % estiment que ces technologies comportent des risques pour la sécurité des données des entreprises elles-mêmes : pour devenir effective au-delà de son seul potentiel, la révolution du Big Data doit non seulement être efficiente technologiquement et en termes de valeur financière générée, mais encore surmonter l’inévitable phase de craintes que suscite à son lancement toute innovation de rupture.

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