Agrica
 
 
25/06/2012
 
Les Français sont traditionnellement présentés comme frileux.

Cette conception se manifesterait par une plus faible propension à prendre des risques, que ce soit au niveau de la vie personnelle (goût pour la routine, tendance au conformisme) ou de la vie professionnelle (entreprenariat perçu comme risqué, difficulté à la prise d’initiative personnelle en entreprise…).

Mais le goût du risque est au final bien plus difficile à évaluer qu’il pourrait n'y paraître. En effet, est-ce que la peur du risque diffère selon sa véritable exposition à des dangers ? Ou relève-t-elle uniquement du sentiment perçu d’exposition à ces dangers ?

La possession de multiples biens matériels, la précarité de la vie professionnelle, mais aussi l’allongement de la vie nous exposent à des facteurs de risques croissants, dont le danger est graduel, mais peut être aussi parfois maîtrisé.

Les contrats d’assurance se sont développés sur cette idée de meilleure maîtrise des risques, mais il a parfois été de bon ton de les présenter avant tout comme des contraintes. Toutefois, aujourd’hui, plus de 7 Français sur 10 les perçoivent comme de véritables moyens de se protéger des risques, contre simplement 19% qui ne les perçoivent que comme une obligation.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’avancée en âge renvoie davantage à la notion de protection que de contrainte sur cette question, comme si l’expérience montrait le caractère non superflu de ces contrats.

Mais pour autant, à trop vouloir assurer, est-on encore capable de prendre des risques ?

Contrairement aux clichés, les Français ne décrivent pas ces deux notions comme incompatibles puisqu’ils perçoivent bien les enjeux de la prise de risque, leurs réponses prouvant même qu’ils lui allouent certaines vertus.

Ainsi, 60% des répondants estiment que dans leur vie professionnelle, la prise de risque leur a jusqu’à présent été bénéfique. Ce taux passe même à 63% pour ce qui relève de la vie personnelle.

Dans les deux cas, l’âge renforce ces perceptions, comme si là encore, l’expérience montrait la pertinence de certaines attitudes.

Ainsi, certains clichés peuvent être remis en question : 75% des Français se montrent optimistes et déclarent ne pas avoir peur de l’avenir. Une étude récente montrait d’ailleurs ce même mouvement auprès des plus jeunes (Indice de Confiance des jeunes - Viavoice - Reims Management School - Les Echos - Novembre 2011), puisque 54% des 18-24 ans déclaraient avoir le sentiment que leur situation personnelle allait s’améliorer dans les années à venir.

L’etude Viavoice-Agrica  sur la perception du risque montre qu’il n’existe pas d’incompatibilité entre le gout du risque  et  le bénéfice perçu à souscrire des contrats d’assurance. Il fait également apparaître la notion de « risque positif » bien présente au sein de la population française.

Arnaud ZEGIERMAN et Amandine MESSINA

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