CoommunicationEntreprise
 
11/03/2013
 
Cette étude révèle tout d’abord un résultat qui pourrait paraître surprenant : une vision plus négative de l’équité entre hommes et femmes dans l’univers de la communication.
 

 Les différences de perceptions

 

Ainsi :

• 59% des communicant(e)s pensent qu’il est plus facile d’être un homme dans leur univers professionnel (vs. 45% des cadres français, tout secteur confondu).

• 61% déclarent que les évolutions de salaires sont plus favorables aux hommes  (vs. 26% des cadres français).

• 51% ont le sentiment d’évoluer dans un univers professionnel macho (vs. 28% des cadres français).

• 61% des communicantes estiment que leur salaire est moins élevé que celui d’un homme (la situation familiale joue ici un rôle majeur : un écart très fort est constaté entre les répondants n’ayant pas d’enfant [54%], les interviewés ayant un enfant [64%] ou plus de 3 enfants [71%]).

Certes, l’univers des cadres français est majoritairement composé d’hommes (qui ont globalement un sentiment d’équité et tirent les résultats vers une tendance plus positive) alors que le monde des communicants est plus féminin. Mais ces différences ne suffisent pas à expliquer de tels écarts.

Il apparaît que ces perceptions sont aussi liées aux difficultés inhérentes à une profession : une analyse plus approfondie des résultats permet de constater que l’univers de la communication souffre d’être mal aimé en interne : presque 4 répondants sur 10 (36%) estiment en effet que le regard porté sur les fonctions communication en entreprise est négatif !

1. L’univers de la communication se montre particulièrement perplexe sur l’équité entre hommes et femmes

Les raisons évoquées relèvent d’une double difficulté :

• Tout d’abord, réussir à prouver l’expertise en communication.
• Ensuite, la difficulté d’être uniquement perçu comme générateur de coûts, plus que de profits.

Ainsi, la sur-représentation des femmes dans l’univers de la communication n’aurait pas encore permis de recréer un équilibre entre les hommes et les femmes dans les entreprises. Elle aurait même renforcé certains clichés masculins (sur les femmes, sur la communication), sans permettre aux femmes de parvenir à une véritable équité.

Dit autrement, il s’agirait d’un sentiment de manque de reconnaissance sur deux dimensions (le sexe et la profession).

2.Des hommes globalement plus optimistes
(Ou naïfs ? Ou machos ?!)

Délire de persécution des femmes ? Candeur des hommes ? Refus de voir les réalités (voire de les changer) ? Quelles que soient les conclusions qui pourront être tirées, le diagnostic indique que les femmes pointent bien plus que les hommes un sentiment d’iniquité :

• 50% des hommes dans l’univers de la communication affirment qu’être un homme ou une femme ne change rien dans leur univers (alors que 66% des femmes déclarent qu’il est plus facile d’être un homme dans cet univers).

• 55% des hommes dans l’univers de la communication estiment que le sexe n’a pas d’impact sur le salaire (alors que 71% des communicantes estiment que les évolutions salariales sont plus favorables aux hommes).

• 61% des communicantes jugent leur univers professionnel macho (contre 24% des communicants).

3. Est-ce que les hommes et les femmes défendent les mêmes valeurs ?

La thématique des différences hommes-femmes est source de questionnements infinis, mêlant des réalités factuelles, des analyses politiques et des lieux communs parfois ancestraux.

La partie de cette étude consacrée aux valeurs délivre des résultats dont l’interprétation peut se révéler délicate.

Ainsi, comment interpréter le fait que 56% des répondants dans l’univers de la communication pensent qu’hommes et femmes véhiculent des valeurs distinctes au sein de l’entreprise ? S’agit-il de différences réelles ? D’une intériorisation des clichés de la part même des femmes qui en sont victimes ?

Quelle leçon tirer des 73% de communicant(e)s  pour lesquels les entreprises seraient différentes si elles étaient dirigées par les femmes ? (et qui sont 27% à faire référence à un mode de management plus humain, prenant davantage en considération les émotions ?)

L’analyse transversale nous conduit aussi à constater que les plus jeunes établissent moins de différences entre hommes et femmes. Parce qu’ils n’ont pas été encore confrontés aux inégalités ou parce que les mentalités ont évolué ?

Il restera les débats et nos expériences quotidiennes pour trancher : les femmes sont-elles plus humaines que les hommes ? Ou les clichés ont-ils simplement la vie dure ?

Arnaud Zegierman et Amandine Messina

Télécharger en pdf le Sondage Viavoice Hommes et femmes dans le monde du travail